23 août 2011

Découragé...

Il y a les superbes photos de "autour du puits" soit disant des fonds de tiroirs , avec un tel oeil c'est plutôt "the top drawer"... Venise avec la lumière du Caravage, barques et canaux. Un coq, il faut voir ce qu'elle fait d'un simple coq, on sent tout le quinze de France dans cet animal sublime, indéniablement la coupe est dans la poche... Il y a "Bon sens et Déraison ", chroniqueuse passionnée des festivals d'Avignon à Ouessant elle nous fait découvrir une compositrice oubliée puis concocte une encyclopédie des femmes peintres, au fait pourquoi ne  dit-on pas une peintre ?  peinteresse ? peintrice ? non une femme peintre et jamais un homme peintre...  encyclopédie  magnifiquement illustrée et en quatre volumes s'il vous plait. Et ce matin "Italians do it better" grand spécialiste de toutes les nourritures, esprit et corps, oubliant un instant sa Diva suprême, Balzac ou Flaubert les grand du XIX° plonge dans les arcanes de you tube à la découverte d'une cuisinière asiatique qui, reconnaissons le, a du chien. Il y a tous les autres découverts au fil des lectures journalières, "Les idées heureuses" nous entraine de musique baroque en Reflets de lectures et de voyages ,"Totirakapon" nous invite à sa table après un passage en cuisine à quatre mains, avec"Les peintures de Norma C"est le plaisir des yeux mâtiné de celui du voyage, Londres mon autre chez moi... Marty détentrice d'un objectif magique..."Fliyng to the moon"homme du crépuscule ou des petits matins, jamais le pont n'est trop loin...  et vous tous et toutes amoureux de Venise vous distillez dans mon coeur l'élixir d'amourde la sérénissime ....
Devant tant de talent, tant d'aisance, tant de connaissances je doute : qu'offrir à mes lecteurs par ces fortes chaleurs? prenant conscience de mon incompétence je n'ai rien trouvé de mieux, j'ai fait des tuiles... ça va très bien avec la crème caramel et les gélati ...


20 août 2011

Petit plaisir d'un soir d'été.


Dégusté comme il se doit avec une juste modération...

14 août 2011

Déçu par Dessay.


Notre programme de spectacles estivaux, seule période ou une activité culturelle fleurit en Dordogne, nous amène en la bastide de Monpazier pour cette soirée du 5 aout, au programme Natalie Dessay et Michel Legrand... pourquoi pas, bien d'autres cantatrices se frottent au jazz et à la variété. 
Le cadre est sympathique, la place des cornières  prise d'assaut par une foule qui fait fi d'un ciel un brin maussade, quelques effluves de cèpes parfument encore les lieux, bref on est dans l'expectative d'une agréable soirée.


Michel Legrand entre en scène, s'étonne d'une telle foule, et paroles prémonitoires, trouve l'instant si beau qu'il est presque dommage  de le gâcher par de la musique. Ah si les dieux l'avaient entendu, Zeus pourquoi n'as-tu pas envoyer Eole, pourquoi n'as-tu pas fait éclater ses nuages qui couraient sur nos têtes, rien, juste un petit zéphyr... la destinée s'est mise en marche.
La musique de Michel Legrand me fait penser à la saccharine, sous de fallacieux prétextes on passe à côté du vrai, du bon goût  du sucre, bref ce n'est pas ma tasse de thé, d'ailleurs on ne sucre pas le thé pas plus que le café. On supporte les morceaux orchestraux on endure la voix éraillée et chevrotante du maître, on attend la Dame. On sait que ne ne sera pas Orange et les contes d'Hoffmann, Eole soufflait ce soir la mais quel spectacle ! Au bout d'une heure enfin elle arrive, première chanson voix cassée, voilée,  gestuelle primaire, pour moi un désastre. Alors s'égraine le répertoire M.L de Yentle, (Barbra Streisand au secours), à Peau d'âne en passant par les demoiselles et les parapluies et on arrive au clou de la soirée, il laissera des stigmates ce clou ! ILS ont chanté en duo, on a appris qu'il ne voulait pas  aller se battre en Algèrie et qu'elle l'attendrait jusqu'à son retour... spectacle désuet de patronage, deux clowns, elle en madame loyal et lui en vieux pierrot tout noir... 
Je n'en dirai  pas plus, ils ont eu une standing ovation... je pensais alors à ce spectacle du casino d'Arcachon en 55 ou 56,  un piano, le noir complet, un projecteur, une petite dame en noir   pas plus haute que l'instrument qui s'avance, deux mains qui se joignent et une voix immense qui s'élève, emplit la salle, vous souffle et vous enroule, vous emporte dans le rêve, non pas une cantatrice, seulement Edith Piaf, une  chanteuse des rues.




Edith Piaf Carnegie Hall Autumn leaves (les feuilles mortes)

13 août 2011

Reminiscences...


Le concert d'hier soir me ramène à bien des années en arrière lors d'un séjour de travail à Londres, si les journées étaient très occupées, les soirées étaient libres. Internet n'existait pas, alors  mon premier travail en arrivant à l'aéroport était d'acheter "what's on in London" puis de programmer au moins un concert, c'est ainsi que j'ai découvert Jorge Bolet, il donnait un récital au Royal Festival Hall, un souvenir indélébile et une de mes plus intenses émotions musicales.

Une soirée fantastique





Le petit village périgourdin de Paunat offre tous les ans sous l'égide de l'association MUSIQUE EN SOL un mini festival de trois soirées musicales. Cette année Alexandre Tharaud, le quatuor de la scala de Milan et Roger Muraro étaient au programme. Les festivals se percutant en cette période estivale nous n'étions malheureusement pas libres la première soirée mais celle d'hier soir fut à tous égards fantastique Roger Muraro nous gratifiant d'un superbe programme Liszt : Années de pélerinage Chapelle de Guillaume Tel, au bord de la source, Claude Debussy Images, Reflets dans l'eau, Hommage à Rameau. Puis en deuxième partie la transcription pour piano de la symphonie fantastique. Une soirée éblouissante qui nous  console de l'aberrant concert Michel Legrand Natalie Dessay !

La Symphonie fantastique (arrangement de Franz Liszt) : un art de la transmutation pianistique.
En des temps où n'existaient ni la radio ni le disque, les transcriptions et les arrangements permettaient d'accéder à une diffusion musicale de partitions méconnues. La transcription de la Symphonie fantastique réalisée en 1834 par Liszt à partir d'une révision effectuée par Berlioz en 1832 fit connaître cette œuvre révolutionnaire à travers l'Europe. Ce n'est qu'en 1845 que Berlioz disposa enfin des fonds nécessaires pour faire graver la partition d'orchestre de sa symphonie qui fut éditée précédemment aux frais de Liszt dans sa version pour piano sous le titre : " Episode de la vie d'un artiste. Grande Symphonie fantastique, Partition de piano ". Le quatrième mouvement (Marche au supplice) sera l'objet d'une nouvelle transcription en 1864-1865. Liszt note sur la partition autographe Marche du supplice et non au supplice. S'agit-il d'une faute d'impression ou d'une volonté délibérée du transcripteur au demeurant parfait francophone ? Dans ses récitals, Liszt exécuta d'abord cette page spectaculaire judicieusement jumelée avec la Symphonie " pastorale " de Beethoven arrangée également pour piano. Si " charité bien ordonnée commence par soi-même ", malgré les difficultés d'une partie pianistique qu'il était le seul à pouvoir exécuter, le compositeur hongrois ne fait pas moins bénéficier ses contemporains de son travail de réduction de la partition.  Liszt procède à une réinterprétation dans son arrangement pour piano pourtant assez proche de la version originale. Le traitement en noir et blanc, donc plus monochrome qu'à l'orchestre, pourrait se révéler étique, mais Liszt, en véritable sorcier des sons multiplie les difficultés, les successions de glissandi en tierces et en sixtes, les écarts de dixièmes que ses grandes mains peuvent exécuter. Les trémolandos et autres artifices sont destinés à mieux dégager la substantifique moelle du riche matériau symphonique. Il recourt à des traitements typiquement pianistiques très différents de la texture originelle afin de rendre le moindre détail de l'orchestration (renforcement des basses, écartement des sixtes pour les harpes d'Un bal). La question se pose parfois du transfert au piano du son de l'orchestre là où la transcription sonne mal et rend partiellement compte de la dimension de la symphonie ; pourtant, chez Liszt, l'imagination est toujours présente ainsi que le contrôle extraordinaire du clavier. " Il n'écrit jamais pour deux mains mais pour dix doigts " (Daniel Barenboïm). Cette propension à se projeter au-delà de l'instrument, à servir l'architecture par une construction de la pensée est digne d'un organisateur hors pair. Dans la Symphonie fantastique comme dans les autres arrangements (en particulier des neuf Symphonies de Beethoven), il s'adonne à une véritable alchimie, transformant le plomb en or. " Il s'agit d'une transsubstantiation miraculeuse, changeant l'hydromel orchestral en pain et vin pianistiques pour déchaîner orages et sabbats, spleen bucolique et griserie citadine. " (Gilles Macassar). 

Texte de Michel Le Naour