23 mai 2011

Venise en vue

Ce soir nous dormirons à Venise. Une petite phrase que je rêve d'écrire depuis bientôt quatre ans.  Le bonheur sera à la mesure de l'attente !

15 mai 2011

Chambre d' hôtel

L'actualité du jour que je ne commenterai pas m'amène à évoquer quelques souvenirs sur ma vie dans l'hôtellerie. Il est vrai qu'il s'en passe des choses dans les chambres d'un hôtel, le plus souvent ignorées du manager mais parfois il peut, bien malgré  lui, en  devenir un des protagonistes.
Il y a les situations extrêmes : décès de l'occupant, il y a les rocambolesques : le client qui tel un prisonnier s'enfuit par la fenêtre à l'aide des draps de lit pour ne pas payer l'addition, les burlesques quand la dame à la Dubout se coince dans la baignoire, il y a aussi les situations à la Feydeau.
Nous avions un couple de clients  qui séjournait à l'hôtel quasiment  un fois par mois, ils arrivaient en fin d'après midi chacun avec sa voiture aussitôt remisée au garage. Lui m'avait expliqué qu'ils étaient représentants de commerce et se retrouvaient, autant qu'affaire se peut, au cours de leurs tournées respectives. La chambre était toujours retenue d'avance ainsi que deux places de garage et je n'avais jamais mis en doute cette situation somme toute banale jusqu'au jour ou....
Ils quittaient  l'hôtel très tôt, travail oblige et toujours ensemble . Un matin la réceptionniste me prévient : pour la chambre 39 Madame  X est partie aux aurores mais  Monsieur X est encore dans la chambre, cela ne me surprend pas outre mesure, une modification d'emploi du temps est toujours possible. Un peu avant midi le téléphone sonne, c'est la chambre 39, j'ai la voix un peu gênée de Monsieur X me disant qu'il avait un problème, commence alors la confession. Depuis plus de dix ans nous venons régulièrement  dans votre établissement,  en fait nous sommes mariés... mais chacun de notre côté... à l'autre bout du fil j'imaginais la situation de ce couple, déjà plus très jeune, qui vivait ici une histoire qui ne pouvait être que d'amour... Mon client poursuit, vous savez cette vie n'était plus possible et hier je lui ai dit que c'était fini.
La scène de rupture était imaginable, la suite moins... elle est partie tôt ce matin, je dormais, elle a pris   ma valise, elle a pris mes clefs de voiture toutes mes affaires, je suis tout nu dans la chambre....
La vengeance était terrible, la situation risible, je lui ai prêté un pantalon et un pull, il est resté toute la journée dans la chambre attendant son épouse, la vraie, qui est venue lui porter le double des clefs, "l'autre" l'avait prévenue qu'elle pouvait venir le récupérer.
J'étais absent à son départ, il n'est jamais revenu....

14 mai 2011

Etrange

Etrange cette panne de blogger, puis le retour des billets mais dans un ordre différent...
Etrange aussi ce qui est advenu à certains citrons, rien à voir pourtant avec les cédrats main de bouddha...
Etranges encore ces orchidées sauvages...
Etrange toujours la coquille de cet escargot... modèle décapotable ?
Etrange enfin un tel blase même au pays de Cyrano.






12 mai 2011

Vous avez dit ART ?

Mardi fut une journée bordelaise, une fois par mois nous assistons à un  cours d'histoire de l'art précédé ce jour là d'une visite de l'exposition LE CHATEAU au CAPC. 
 Un château !  C’est souvent comme cela que les enfants perçoivent le CAPC, le musée d’art contemporain logé dans un ancien entrepôt portuaire monumental, construit au début du XIXe siècle à Bordeaux. Cet entrepôt, traversé d’escaliers en pierre et de couloirs voûtés fonctionne à leurs yeux comme une forteresse labyrinthique et aveugle.
De cette observation découle l’idée du nouvel accrochage de la collection : un déploiement d’œuvres de la collection du musée, conçu comme un rite d’initiation qui aborde les questions liées à l’apprentissage.
Me voilà une fois de plus confronté à "l'art contemporain" des musées et à de grandes interrogations : suis-je inapte à ce rite d'initiation ? Je n'ai jamais accroché au porte-bouteilles de Duchamp et je n'accepte pas son axiome que l'idée puisse prévaloir sur la création. 
Exposer un matelas en bois sous prétexte qu'on peut dormir comme une souche relève, me semble-t-il plus de la plaisanterie potache que de l'oeuvre d'art, encore y a-t-il une certaine forme de savoir faire artisanal, mais que dire de Adornos lustres et bétonneuse ou du nain de jardin transformé en veilleuse, peut-être citer Lautréamont : "c'est beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie."Les enfants d'un groupe scolaire qui nous précédait étaient aussi pensifs, l'un deux a dit à son voisin : "tu es sur que c'est de l'art ?" j'ai aimé la réponse : "non c'est du jardinage"

Laurent le Deunff 2009
Présence Panchounette 1987 "Adornos"


La tour de Babil 1985

Interrogations 
Christian Boltanski

Inventaire photographique des objets ayant appartenu au jeune  homme d'Oxford 1973

Van der Beek  Newspapers ruins 2008

Heimo Zobernig Le drap 2000
 à mon avis l'oeuvre qui dans cette exposition méritait le qualificatif d'artistique  par l'utilisation des nouvelles technologies.


 


Après tout pourquoi ne pas aussi faire mon entrée dans un musée ? j'ai donc créé une oeuvre d'art... intitulée...  ?


En conclusion voici un extrait de la critique du livre de Jean CLAIR :" l'hiver de la culture"parue dans les Echos :
Mais ce qui hérisse le plus Jean Clair, ce sont les dérives de l'art contemporain, transformant les musées en « décharges ». « Exhibition du corps, désacralisation [...], mutilations et automutilations, fascination pour le sang et les humeurs corporelles, et jusqu'aux excréments. » Ce critique féroce de l'esthétique contemporaine tacle au passage le Louvre et Versailles. « Ces lieux de mémoire [...] tentèrent de suivre une cure de rajeunissement en imposant, contre tout bon sens, l'idée que les créations les plus choquantes, les plus immondes, les plus idiotes souvent de l'art d'aujourd'hui, s'inscrivaient, sous la griffe distinctive d'art contemporain, dans l'histoire des chefs-d'oeuvre d'autrefois. »
Versailles corrompue

Il démonte les mécanismes mis en place pour propulser un artiste sur le devant de la scène. Le marché de l'art, autrefois réglé par un jeu subtil de connaisseurs et de directeurs de galerie, est de nos jours « un mécanisme de haute spéculation financière entre deux ou trois maisons de vente et un petit public de nouveaux riches ». Jeff Koons n'est ainsi qu'un trader dont la consécration est venue par Versailles. « Des galeries et des intérêts privés financent une opération dont une institution publique comme Versailles semble garantir le sérieux, on gage des émissions éphémères à haut risque sur une encaisse or qui s'appelle le patrimoine national. »

11 mai 2011

Médaillé...


Le "Stylish Blogger Award" et ses règles:

1) remercier la personne qui vous l'a donné ;

2) afficher le logo sur son blog ;

3) dire sept choses sur soi :


Merci Martine pour cette récompense, Martine dont la gentillesse et la sollicitude dans des passages un peu abrupts m'a donné l'envie de ranimer un blog laissé en déshérence.
Pour les sept choses sur moi c'est joker je laisse le lecteur libre d'imaginer.
Comme il faut transmettre j'aimerai l'adresser à  MARTY pour ses merveilleuses photos   à G.F. infatigable  pugiliste es musique baroque, à http://richardmoisan.blogspot.com/ pour son humour. J'arrête là car tous mes blogs amis le méritent.

8 mai 2011

Histoire de papillons.

Nous sommes dans les années 80, je reçois un appel du comité départemental du tourisme me demandant si je peux recevoir un groupe de touristes anglais, rien d'extraordinaire, nous travaillons beaucoup avec les agences britanniques, oui mais ce groupe a une petite particularité, il vient séjourner en Périgord à la recherche de papillons bleus. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de Dennis Furnell écrivain, chroniqueur à la BBC, venu observer ce fameux papillon bleu disparu des prairies anglaises et encore présent dans notre région.
Il s'agit du Lysandra Bellargus connu outre manche sous le nom beaucoup plus poétique d'Adonis Blue.  
J'avais remarqué ce papillon bleu qui colonise notre verger dès le mois de juin,  cette année il est déjà là, le voici.



Il affectionne les prairies à sol calcaire et semble déguster en priorité ces fleurs jaunes qui mettent si bien en valeur sa couleur bleue


Posé les ailes fermées il ne laisse pas deviner la beauté de ce bleu irisé.


Il a été réintroduit en Angleterre dans la région des Cotswolds si chère à mon coeur !


La femelle est beaucoup plus discrète.... le bleu est réservé aux mâles !


Le vol de l'Adonis blue est très particulier, il fait du rase motte rarement à plus de 30cm du sol, il ne s'aventure jamais dans les arbustes. Sa disparition des prairies anglaises serait due à l'éradication   des lapins lors de l'épidémie de myxomatose : ceux-ci ne faisant plus office de tondeuse le papillon ne pouvait plus atteindre sa nourriture les herbes étant trop hautes.