14 octobre 2012

Baptême Vénitien

Dans le programme de ce voyage il était prévu une nouvelle visite au musée de l'académie, je voulais revoir "La tempête" de Giorgione à la lumière de mes dernières lectures sur ce tableau qui suscite de multiples interprétations. La dernière en date évoque une représentation du baptême du Christ, la femme allétant l'enfant serait la Vierge Marie et le jeune homme sant Jean-Baptiste, la ville Jérusalem et l'éclair déchirant les nuages la foudre divine détruisant l'idolatrie.


Avant l'immersion dans le monde de Giorgione j'en ai expérimenté une autre beaucoup moins agréable. Il est, calle cerchieri où nous logions, un corte charmant, un joli puits fleuri et un sotoportego ou quelques marches descendent vers le canal. Tentant tout cela, j'y vais donc seul un matin pour mitrailler l'endroit : l'ensemble,  le puit et la treille, et  le canal ? première marche, on n'en voit pas assez, deuxième, c'est mieux, troisième... bonjour les dégâts .. Je glisse sur le sol humide et me retrouve à demi couché sur la marche, mon poids m'entraine sur la suivante, il n'en reste plus qu'une à laquelle je goûte... heureusement un bateau passe et s'arrête, j'en fais autant puis sans me lever je remonte en terre sèche et rentre à l'appartement vert de peur et d'algues. Tout cela pour expliquer le symbolisme des trois prochaines photos.



Heureusement j'ai évité ça....

Ou ça !



12 octobre 2012

10 octobre 2012

Rencontre Vénitienne

 Gertrude Stein avait-elle une lointaine ancêtre  vénitienne ? En tous cas ces deux femmes semblent dialoguer à travers les âges. Surprenant.




La meilleure façon de voir Venise.

Loin de la foule.


2 octobre 2012

Michelangelo Merisi dit Il Caravagio

L'entrée du musée est pratiquement déserte, froide comme un tombeau, au fond à droite les murs ouvrent un discret passage gardé par un improbable Uriel projetant le rayon rouge du droit au passage sur mon billet électronique, quelques pas, il est là face à moi  il Caravaggio, dessin d'Ottavio Leoni un peu sage ce portrait malgré la vivacité de l'oeil, la tignasse rebelle, il y trop d'opulence dans ce buste d'homme de 35 ans au plus  car Michelangelo Merisi s'enfuit de Rome en 1606 pour ne plus y revenir alors monsieur Léoni quelle est la réalité de ce portrait ? Première imposture ? en tous cas première interrogation.
C'est alors que j'entendis le jeune homme : viens me dit-il je vais tout t'expliquer, commençons par un de mes premiers tableaux, celui-ci, " Garçon mordu par un lézard". J'avais vingt-deux ans, arrivé depuis deux ans à Rome la vie y était difficile  mais oh combien exaltante pour un garçon  plein d'énergie et d'ambition, en quelques mois je passe de l'atelier du besogneux Lorenzo Siciliano peignant trois têtes par jour à celui de Antiveduto Grammatica, c'est par lui que je rencontre le cardinal Del Monte, puis à celui de Guiseppe Cesari, le Cavalier d'Arpin.


Ce qui me frappe, lui dis-je, dans ce tableau c'est cette ligne sombre partant de biais dans l'angle de la toile, elle lui donne sa profondeur mais aussi par sa proximité elle enferme le garçon dans un monde clos accentué par les nuances des couleurs du fond, elle me fait penser aux lignes qui emprisonnent les personnages de Bacon, mais alors qu'il les enferme dans l'univers carcéral de leurs passions tu le projettes hors du tableau, vers toi ? vers nous ? devenons nous complices? J'aime la manière de peindre ce fond, une couche uniforme plus foncée puis ces traits de pinceau de plusieurs tons d'or si visibles, brossés presque à sec, virevoltant autour du garçon car tout cela bouge, la captation du mouvement, l'instant figé, arrêt sur l'image, lumière, allumez les projecteurs, silence on tourne, une première Caravage nous fait du cinéma. En couleur oui mais pas en Technicolor, la palette est réduite, trois dominantes ocre, brun, chair puis le rouge comme deux cerises sur le gâteau que ces lèvres ne demandent qu'à gouter.


Bien sur me dit-il il y a mise en scène, je dois montrer ce dont je suis capable, le rendu de la lumière, le reflet de la fenêtre, ma maitrise de la nature morte comme celle du portrait et de la transcription des sentiments et les ongles sales de Mario!  J'aime peindre son visage, ici dans la surprise plus que dans la douleur mais je ne dirai pas si elle est réelle ou feinte, n'oublie pas, mise en scène, jeu des doigts, regard complice,  rose à l'oreille et  chemise glissant opportunément pour dévoiler une épaule séductrice. Au fait chemise ou drap et couverture prise sur le lit commun?


Alors suis-je un homo comme ils disent ?  qu'importe seul mon art compte.  Oui je préfère voir jouer la lumière sur les épaules de Mario mon compagnon d'atelier plutôt que sur celles des pensionnaires du bordel du sieur Tarquinio qui m'héberge, c'est une question de peau, de rendu de la lumière sur la peau. 
On a dit beaucoup de choses sur ce tableau, je te laisse libre de choisir, allégorie du plaisir qui se mue en douleur, blessure de l'amour pourquoi pas divin, et encore douleur qui se mue en plaisir. Un écrivain de ton temps, dans une biographie très romancée, j'aime le titre "la course à l'abime"y voit même un garçon exprimant sa jouissance car son oreille est rouge. Que dire alors de la bouche et de la langue! N'oublie pas, j'ai vingt ans, je suis fougueux, bagarreur, loqueteux, je hante les bas-fonds comme les palais des princes de l'église et pour le moment je  prends plaisir à peindre des tableaux légers, drôles pleins de vitalité d'insolence et de sensualité. On va voir le suivant ?


28 septembre 2012

Caravage.... et les autres.

 Il était impensable de manquer l'exposition Corps et ombres de Montpellier et de Toulouse, il était également hors de question de ne pas en parler sur ce blog mais des impondérables et la complexité du sujet m'ont fait retarder cette publication. Je vois  aujourd'hui  que  ce blog ami s'apprête à relater l'évènement, je lui cède volontier le passage persuadé que son exposé sera comme d'habitude magistral.
Le billet est pratiquement terminé, cette exposition, surtout à Montpellier a été un régal avec cependant quelques frustrations, avons nous eu les mêmes ? Une impression quand même, on comprend devant ces toiles la différence entre un peintre de génie et ... les autres de grand talent certe mais .... je ne veux pas en dire plus , a toi l'honneur Michelaise, moi je pars à Venise voir Tintoret Titien et Giorgione, ne penses tu pas que Caravage les a vus aussi ? 


21 septembre 2012

Le cannelé Bordelais

Voila un excellent petit gateau idéal à l'heure du thé et finalement facile à réaliser à deux conditions : tout d'abord disposer de moules traditionnels en cuivre puis pouvoir se procurer de la cire d'abeille vierge. Tout le secret de la réussite de cette merveilleuse pâtisserie légère et moelleuse dans une coque croustillante à souhait repose sur ces deux éléments.  


La préparation de la pâte est rapide, en fait elle a beaucoup de similitude avec la  pâte à crêpes.
Faire bouillir un demi litre de lait avec 20g de beurre et une gousse de vanille fendue, une cuillerée à soupe de zestes de citron et 4 à 5 gouttes d'extrait d'amande amère.
Fouetter 220g de sucre en poudre (j'utilise 170g de sucre blanc et 40g de sucre rapadura) avec deux oeufs entiers et un jaune jusqu'à ce que le mélange blanchisse.


Incorporer délicatement à la spatule 125g de farine tamisée.


Verser le lait petit à petit sans faire de grumeaux puis terminer par une bonne cuillerée de rhum. Le mélange doit avoir la consistance d'un pâte à crêpes épaisse. Couvrir et conservez 48h au réfrigérateur.


Le cannelé comme le millefeuilles sera bien meilleur s'il est dégusté quelques heures apres sa cuisson.
Préparation des moules : faire fondre dans une petite casserole la cire, pendant ce temps chauffez le four à environ 140° après y avoir déposé les moules, les sortir un à un et à l'aide d'un pinceau badigeonner l'intérieur de cire, les retourner pour éliminer l'excédent.


Emplir les moules jusqu'à un centimètre du bord et mettre à four chaud 200° pendant 15minutes puis baisser à 175, la cuisson dure environ une heure au total.


Cuits à 12h il n'en reste plus que quatre... il est 17h !
L'origine du cannelé ou cannelet n'est pas établie avec certitude, ils ont un air de famille avec les muffins anglais et peuvent avoir émigré sur les bords de la gironde tant les Anglais régnèrent longtemps  sur le Bordelais.