2 juillet 2013

En flânant devant un Canaletto

En intermède au voyage milanais... le petit monde de Canaletto.








27 juin 2013

Milan. La complainte du visiteur de musée.


 Au programme matinal de ce deuxième jour la pinacothèque de Brera, C'est grand, c'est très grand, et c'est très haut de plafond ! Quand on arrive enfin à la première salle après avoir gravi un interminable escalier on a déjà les jambes coupées, et pour ma Dame le coeur qui bat la chamade, on songe à battre en retraite, heureusement une gardienne compatissante nous propose une petite voiture électrique qui lui permettra de déambuler au fil des salles.   Va-t-on jouer un remake d'un fauteuil pour deux, nenni je me maintiendrai... debout... toujours... car trouver un siège dans un musée revient souvent à chercher la fameuse aiguille. Quoi de plus frustrant que de s'arrêter  devant un tableau qui vous fascine les jambes flageolantes, le dos moulu, même pas possible de jouer Richard III, le royaume de l'art ne peut s'échanger pour un siège curule, alors on avance et la visite se transforme en Béresina. Si encore on pouvait faire une photo, emporter sa vision du tableau à la maison, le regarder tranquillement sur son écran. Je sais, rien à voir avec l'original, c'est un peu comme le sandwich qu'on donne au convive qui ne peut participer au festin ! Le pire reste à venir, c'est le mur nu, le petit bristol précisant que le repas d'Emmaüs du Caravage vogue vers Zagreb, et pourtant que d'oeuvres merveilleuses que j'aurais aimé contempler plus longuement :
La Pieta de Giovani Bellini présentée très judicieusement à côté du Christ mort de Mantegna, et sa dernière oeuvre peinte à 80ans une Vierge à l'enfant de style si différent.


La Pietà de Lorenzo Lotto.
Mais aussi la pala Montefeltro de Piero della Francesca 

et enfin, suite logique, cette fois non pas glanée sur le net mais que j'ai hardiment photographiée l'oeuvre du jeune Raphael Le mariage de la Vierge.


Une visite passionnante qui laisse un sentiment d'inachevé, d'avoir effleuré tant de merveilles trop vite vues mais arrive le fatidique moment de l'overdose ou l'esprit et les sens n'assimilent plus.
Il fallait reposer les yeux et les jambes quoi de mieux pour cela que la table d'un bon restaurant ! Je recommande le Nabucco juste à côté du musée, de toutes façons j'étais incapable d'aller plus loin !

Après cette remise en forme ce fut le retour en passant par la rue Montefalcone haut lieu de la mode.

 Manequin(s) ?

 Vespa tout cuir pour doux rêveur ?

Le festin de pierre ?

Ultime tentation du jour à la pâtisserie San Ambroeus... j'ai succombé à une belle collection de mignons, appellation italienne des petits fours.

26 juin 2013

T'as voulu voir Milan et on a vu Milan

J'ai pas aimé Milan
On a quitté Milan
J'ai voulu voir Vérone
et on a vu Vérone

Allez j'arrête mais il est vrai que ce voyage printanier ressemble beaucoup à la chanson de Brel.
 Voyage au pas de course, ce qui n'est plus de notre âge, qui en dix jours nous a mis sur les genoux, mais parlons de Milan avant d'évoquer nos autres étapes.
Tout a bien commencé, un vol direct depuis Bordeaux, un hôtel à quelques pas du Duomo, ce sera donc notre première visite.
Sympa cette ville où les couples s'embrassent tandis que les célibataires se téléphonent.
Impressionnant cette façade si blanche bien différente de mes souvenir de jeunesse...
C'est très dénudé tout ça pour une église, il est vrai que cette partie basse de la façade "à la romaine" a été réalisée au XVII° siècle.
On entre ? et premier désagrément, les photos sont interdites... a moins d'acheter un badge de reporter !!! il fallait y penser ! à quand un tel racket  dans les musées ?

Le déambulatoire étant fermé nous ne pourrons admirer que de loin les trois superbes fenêtres de l'abside oeuvre du français Nicolas de Bonaventure.
Décidément...  encore une sainte aux seins nus  ?

Puis ce fut la montée sur les toits... payante bien sur, 7 euros par l'escalier, 12 par l'ascenseur... solution choisie, le coeur a ses raisons que la raison approuve !

Vertige vertige...


"l'homme y passe à travers des forets de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers"


Autre siècle autre temple, le  voisinage est tout un symbole.

Il a aussi ses rites.
Ses ornements et ses offrandes.
.
Première après-après midi milanaise qui s'est terminée devant un osso bucco, sur le chemin du retour nous avons croisé ce cavalier qui semblait lui aussi bien fatigué.

11 mai 2013

De l'importance d'être gourmand !

La lecture de son article suivie du sien m'avait mis l'eau à la bouche... ce soir c'est donc dégustation d'asperges, froides à la mode italienne mais tièdes pour les mouillettes !

6 mai 2013

Un déjeuner de soleil


Ne dirait-on pas que le scarabée grignote un peu de soleil ?  Voila qui nous ramène au symbole de l'Egypte ancienne à moins que ce festin nous fasse penser a la musique d'Albert Roussel !! 




Le festin de l'araignée.

Une vanité de Jan Fabre réalisée comme beaucoup de ses créations avec des scarabées naturalisés...


12 avril 2013

Soyez "coulant"...

 Anti stress par excellence, pour avoir un avant goût de soleil et de douceur en cet hiver qui s'attarde, servi avec une crème glacée gingembre cédrat. C'est comme un petit tour sous les tropiques.
Vous me suivez ?
J'utilise les moules en cuivre des cannelés pour une bonne répartition de la chaleur.

On va d'abord réaliser le noyau coulant :

200 gr de crème fraiche (de la vraie)
50 gr de beurre.
120 gr de chocolat.
30 gr d'eau.
Une bonne pincée de piment d'espelette.
 Faire fondre le chocolat et le beurre dans la crème puis transvaser dans des petits moules
Mettre au congélateur au moins trois heures.




Préparation du biscuit :

110 gr de chocolat.
80 gr de sucre.
40 gr de beurre.
90 gr de farine (mélange 40g farine de riz, 40 gr de farine blé, 10gr poudre d'amandes)
2 oeufs.

Faire fondre le beurre et le chocolat.
Fouetter au bain marie le sucre et les oeufs entiers jusqu'à l'obtention d'une crème, la préparation doit être tiède.
Ajouter délicatement à la spatule la farine tamisée puis le mélange tiède chocolat beurre.

Remplir à moitié les moules  beurrés   de cette préparation.
Insérer délicatement le noyau congelé en prenant soin de bien le centrer. Finir de remplir les moules , remettre pour 24 heures au congélateur.




Chauffer le four à 200°

Enfourner les moules congelés, cuire 13 minutes. A la sortie du four laisser reposer quelques minutes avant de démouler.


2 avril 2013

Un peu d'amour et d'amitié.

Il y a des coincidences qui parfois peuvent surprendre et vous interpeler : pourquoi le cours d'histoire de l'art auquel nous assistons tous les mois à Bordeaux était consacré,  en cette semaine de mars dédiée à l'information sur la santé mentale, au peintre  Edouard Munch ?
J'ai découvert la peinture de Munch en 2003 lors d'un voyage à Vienne, c'était la réouverture de l'Albertina qui présentait une rétrospective du peintre norvégien, dix ans plus tard le souvenir en est aussi vivace aussi précis, aussi dérangeant. je me revois quittant l'exposition comme saisi de vertige, incapable d'écouter les explications de notre guide, comme mis K.O. par ces regards qui n'en sont pas, par ces visages sans vie.


Un tableau m'a particulièrement touché, le plus célèbre, LE CRI voila ce que Munch nous dit :  J'étais en train de marcher le long de la route avec deux amis - le soleil se couchait - soudain le ciel devint rouge sang – j'ai fait une pause, me sentant épuisé, et me suis appuyé contre la grille - il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et de la ville - mes amis ont continué à marcher, et je suis resté là tremblant d'anxiété - et j'ai entendu un cri infini déchirer la Nature. 


Je ne peux  regarder  ce tableau sans ressentir ce sentiment de profonde anxiété mêlé de compassion car  pour moi il est l'image de la souffrance du malade psychique. C'est quoi me direz vous un malade psychique, le simple d'esprit souvent moqué dans les vieux films ? l'idiot  du village ? non celui la  est né "comme ça ",  c'est  le malade mental. 
L'autre il était comme vous et moi, souvent garçon,parfois fille, enfant heureux, enfant joueur, il faisait votre bonheur il pouvait tout espérer car il était brillant, brillant mais sensible, trop ? sans doute, mais on l'aimait tant ainsi qu'on pardonnait ses fantaisies. Il croquait la vie comme une sucrerie, en douce, sans en avoir l'air , toujours sans vous déplaire. Il débutera de belles études, il sera architecte, un autre musicien ou journaliste... c'est un artiste un fantaisiste... puis un jour horrible tout s'écroule, un tsunami, une explosion, il est là devant vous pareil à cet homme du tableau, il se tient ainsi la tête, il a mal, on le persécute, il entend des voix qui l'obsèdent, que faire, on consulte d'urgence, on est perdu à demi noyé devant cet état inconnu, cet adolescent étranger qui est votre enfant, on courbe le dos à l'annonce de l'hospitalisation. Il faut bien puisqu'elle est indiquée  indispensable et puisqu'on n'est plus au X1Xe siècle elle ne sera pas définitive, irrémédiable, scandée d'électrochocs. Il en sortira avec un traitement, on se dit que bientôt tout ira mieux. tout cela est un mauvais rêve n'est-ce-pas Inconscient, on garde l'espoir.
Et lui ? lui il entre dans cette nouvelle famille, celle des malades qui ne veulent pas l'admettre,  qui souvent refusent les traitements pourtant indispensables malgré des effets secondaires qu'ils supportent mal. Il  fait  parti dorénavant des" pas comme les autres" il est dans un autre monde sans pour autant avoir quitté le notre, vie double serpentant comme le rouge et le bleu du tableau, du réel à l'imaginaire. 
Et pourtant son intelligence est intacte il arrive parfois à finir ses études à exercer un métier, regarder l'oeuvre splendide de Camille Claudel, il peut même avoir le prix Nobel ... on en fera un très beau film "Un homme d'exception". Mais il aura quitté la belle avenue de la vie pour des sentiers caillouteux où il trébuche, il avancera non plus le long de ce pont aux rambardes rectilignes, sécurisantes mais dans un monde hostile peuplé des fantômes de son imagination. Seule la souffrance sera sa compagne car il est seul, ses amis sont partis, la societé le rejette, il ne connait plus que celle des psy et s'il a de la chance (quel mot étrange ici) celle des aides sociales. Et il poursuit son chemin solitaire un peu comme l'aveugle des tableaux anciens tendant la main implorant qu'on l'aime.
Et vous les parents ? oh pour vous il y aura dorénavant l'avant et l'après, vous apprenez ce que veulent dire les mots révolte, désespoir, puis résignation, et acceptation, vous vous inscrirez à des associations où l'on voudra vous enseigner le mot distanciation mais vous aurez du mal à le retenir...Il faudra écoper, ressouder pour éviter la dislocation du noyau familial, puis les années passerons,  si par chance Lui a fait le deuil de la vie qu'il espérait vous en ferez de même, si par contre il persiste à refuser alors comme lui vous souffrirez encore.  
Ils sont près de deux pour cent de la population mondiale, la maladie se déclenche à l'adolescence,  on sait maintenant que la consommation de cannabis est un facteur aggravant. Elle peut guérir dans un cas sur cinq, pour les autres ce sera la prise de médicaments à vie avec la possibilité d'une vie plus "normale" et une réinsertion qui restera précaire dans la vie sociale.
Une association des parents de malades l'UNAFAM aide les familles notamment par des groupes de paroles. Une semaine par an la SIMS semaine d'information sur la santé mentale organise des colloques suivis principalement par le milieux médical et para médical. Un COLLECTIF s'est créé pour que l'année 2014 soit celle de la santé mentale. 
Vous qui passez ici par amitié curiosité ou hasard s'il vous plait signez la pétition, il suffit d'un clic, il servira à fabriquer ce petit grain de sable   qui bloquera le mécanisme de l'indifférence car n'oubliez pas, pour eux le sourire de l'ironie est plus douloureux qu'un coup de poing et  la main tendue sera la plus douce des caresses.... ils ont tant besoin d'un peu d'amour et d'amitié.