1 septembre 2014

21 août 2014

Quand l'orage se joue du tour.


Ce serait la fête le tour passait sous nos fenêtres, enfin presque alors on a fait des invitations, venez faire un tour il fera beau, du soleil plein la tête un bon verre à la main.
Mais cet été n'est pas sportif alors c'est sous les parapluies qu'avec mon cousin, un ami et mon petit-fils nous sommes partis au bord de la route pour les voir passer... et bien je vous assure ils passent vite  et entre la pluie battante,  les coups de tonnerre et les éclairs et les éclaboussures des motos nous n'avons pas vu grand chose. Enfin si le soir on s'est vu à la télé !!!!!!





19 août 2014

ça marche.

Un peu surprenant comme prescription : "marchez une bonne heure tous les jours et vous verrez que tout ira mieux" C'était, il y a quelques semaines, la recommandation   d'un médecin ostéopathe consulté  pour une ribambelle de douleurs, pieds qui se nickellent, genoux qui grincent, hanches qui coincent et mental descendu au niveau des orteils bref, moral et physique allant de pair j'ai traversé immobile cette fin de printemps. J'ai donc ressorti des cartons les vieilles  NB 991 chères à Steeve Jobs il faut l'avouer, sans grandes convictions, puis pris au jeu les vingt minutes du premier jour passèrent à quarante le lendemain puis à soixante... minutes sur nos petites routes de campagne.


Le parcours modérément vallonné offre une belle variété de paysages,  sous-bois tigrés  de lumière remplis de chants d'oiseaux où de curieux vestiges  semblent figer le temps. J'y respire l'humus et la promesse des futurs champignons.




Puis le soleil quand il veut bien, illumine les champs de tournesols, coulée de cadmium  qui précède celles d'or que donneront ces vignes au garde-à-vous, alignées pour la parade des prochaines vendanges.






Puis à nouveau l'ombre des bois propice aux bruyères






C'est un parcours  pour solitaire, peu d'habitations mais qui s'inscrivent  parfaitement dans ce paysage si harmonieux. 



 Et si une petite faim se fait sentir les mures me font les yeux noirs et doux !



Les premières sorties furent très ludiques, le nez au vent, humant les foins coupés, l'oreille attentive aux chants des oiseaux, l'oeil aux aguets s'émerveillant au passage de chevreuils... puis on regarde la montre, on charge un coach sur l'iphone... et la promenade devient de plus en plus sportive mais je la recommence chaque jour de bon coeur. N'était-ce pas le but ?





8 juin 2014

Le radeau de la Méduse.

Version animalière !
Cette nuit l'orage a donné quelques frayeurs aux habitants du jardin qui dans cette circonstance se retrouvent souvent dans la piscine. Le matin il faut évacuer les victimes mais ce matin il y avait un survivant !


4 juin 2014

Tomoaki Suzuki au CAPC ex entrepots Lainé

En voyant mon billet sur la dernière exposition du CAPC mon compatriote Cyrano n'aurait pas manqué de dire "Ah non c'est un peu court jeune homme"...
Pour le jeune homme, impossible d'y remédier, par contre, sans varier le ton il était possible d'en dire bien des choses.
Sur le lieu tout d'abord,  avec ses murs bruns,  il ressemble à un monstre échoué sur le bord du fleuve, corps momifié de ce qui fit la richesse de la ville le commerce colonial.
 



Dans cette nef à l'architecture minoenne  s'entassaient les bois précieux, les pièces d'indiennes de coton, les sacs d'épices de sucre et de cacao on y roulait les vins en partance ou en retour des iles, on y sentait le poivre et la vanille. Nul chant dans cette nef sauf peut-être celui si triste et poignant des derniers esclaves victimes  du commerce triangulaire.  


Aujourd'hui ce ventre de la ville,   vidé de ces viscères, lavé, décapé, désinfecté des miasmes du passé colonial est devenu un lieu de l'esprit où entrent se posent puis s'en vont  les idées, les rêves, parfois les cauchemars d'artistes contemporains.  


Quinze petits humains, pas plus hauts que trois pommes posés sur ce sol noir et brillant comme sur le magma pétrifié des vies antérieures des lieux, quinze bois sculptés semblant des brindilles oubliées des milliers de grumes du passé, quinze solitudes voulues par l'artiste chacun ignorant l'autre. Quinze représentations d'hommes et de femmes bien vivants   présents dans  un passé figé à jamais
Silence, un par un, pas plus de quinze à la fois, les visiteurs entrent,   ils s'approchent, géants patauds, se penchent, intrigués et curieux, alors ils voient la finesse du travail de l'artiste, le rendu parfait des matières et puis, et puis ils prennent des photos et s'éloignent. 

J'ai assisté à ce ballet avec un sentiment assez déplaisant pensant à ces phénomènes de foire nains, siamois, femmes à barbe qui attisaient la curiosité morbide de nos grand-parents, je songeais alors à cette autre figurine loin là-bas, vieille courtisane trop fardée couverte de pierreries, d'autres géants  la frôlent, monstres aux milliers d'yeux qui scintillent et crépitent sans relâche  elle s'appelle Venise elle en perd son âme.
















22 mai 2014

Au pays de lilliput


"Saisissantes silhouettes hiératiques de 54 centimètres de haut, les sculptures de l'artiste japonais Tomoaki Suzuki évoquent les modes de vie et styles vestimentaires contemporains tout en réactualisant les traditions millénaires orientales de la sculpture sur bois.
Le CAPC accueille dans sa nef une vingtaine de sculptures de l'artiste réalisées entre 1999 et 2014, et provenant des quatre coins du monde. Si Tomoaki Suzuki fait «de la photographie en sculpture» — entendez de la sculpture réalisée à l'aide de la photographie — c'est parce qu'il est immergé dans la culture des magazines et qu'il travaille depuis et dans le monde des images. Tel le promeneur au XIXe siècle, il observe les faunes lookées des grandes villes, notamment celles de Londres où il vit depuis 1999, et porte un regard anthropologique sur les codes urbains, interrogeant à travers son travail leur impact sur nos vies tout comme leur côté éphémère. 
Avec une petite cinquantaine de sculptures à son actif qui, lorsqu'elles sont montrées à plusieurs ne se regardent jamais, Tomoaki Suzuki aborde, à l'ère des réseaux sociaux, la question de l'être-ensemble, vu ici entre connexion et isolement, sérieux et dérision.
Dispersées dans la nef du CAPC, ces œuvres de petite taille magnifient magistralement les proportions piranésiennes du lieu. On aurait pu les imaginer perdues sous la vaste et robuste nef de l'entrepôt Lainé. C'est tout le contraire. En affichant leur solennité avec aplomb — elles sont posées debout à même le sol — ainsi que leur indifférence au monde — ce que leur regard vague traduit — ces petits «aliens» détaillés invitent naturellement le visiteur à se mettre à leur niveau. Une fois à terre, le visiteur fait alors face à une «communauté», une communauté qui a valeur d'œuvre parce qu'elle parle, du fait de l'indifférence des sculptures entre elles, de la destruction même de la communauté."

CAPC







Une autre façon de relire les voyages de Gulliver ?