27 octobre 2016

Immigration, intégration, et mes observations... du temps passé !

Je voulais pour cet article retrouver une photo du personnel de l'hôtel prise le jour du mariage de mes parents en 1938, impossible de mettre la main dessus mais en définitive, celle-ci pris dans les années soixante convient aussi.
Un journal aussi sérieux que le Sud Ouest oserait-il aujourd'hui un tel titre et pourtant ces cinq récipiendaires figuraient sur la photo de 1938 et quatre d'entre eux fêtèrent leurs 50 ans de présence dans l'entreprise. Quel rapport avec l'immigration direz vous ? Hector était italien et a gardé sa vie durant son accent chantant inimitable, Leonce était fils d'une espagnole qui parlait à peine le français. Sur la photo de 1938 figurait Stanis une russe et Ignace un polonais sans oublier Victor dont l'accent slave était aussi excentrique que le baise-main quotidien à 'la patronne" ma grand-mère, la seule à être qualifiée ainsi, les autres membres de la famille n'ayant droit qu'à l'utilisation de leurs prénoms ! J'oubliais Basile, jeune espagnol entré apprenti cuisinier sous la férule de mon grand-père qui termina chef avec mon père. Tout ce petit monde vivait en parfaite harmonie, sans aucune réflexion sur leurs origines ou religions, ils ont fait face et lutte commune durant les années d'occupation à la barbarie qui a ensanglanté la région. C'était une autre époque, une mentalité différente, une vie entre soi loin du matraquage médiatique dans lequel nous vivons. Une vie laborieuse sans nul doute mais me semble-t-il plus heureuse.

26 octobre 2016

Etat des lieux...


Il y aura sept ans dans quelques jours un sympathique chirurgien bordelais m'extirpait  trente centimètres de colon et en prime une grosse tumeur cancéreuse. La vie a vite repris sont cours, rythmée pendant cinq ans par quelques scanners puis début 2015 j'ai eu le bonheur d'apprendre ma totale guérison. Pourquoi alors avoir posé cette fâcheuse question :"oui celui-ci est guéri mais un autre peut-il survenir, d'une autre forme, sur d'autres organes... " et bien sur la réponse fut positive...
Mais tout allait bien, cependant au début de l'été un état de fatigue  inhabituel  entraina une batterie d'analyses qui révélèrent une baisse de plaquettes sanguines inquiétante, du généraliste je  passais à l'hématologue,  ce printemps une ponction de moelle osseuse révéla la nature du mal : une leucémie
myélomonocytaire.  
Voila depuis avril je sais que ma moelle n'en fait qu'à sa tête , elle fabrique le sang à sa façon, trop de monocytes pas assez de plaquettes, je l'imagine comme la machine de Charlot  dans les temps modernes...
Après encore trois mois en observation la haute autorité médicale a décidé de commencer en octobre un traitement, une semaine complète de piqures journalières et trois semaines de vacances. Ces piqures doivent être faites en service d'hématologie, c'est donc trois heures de trajet global pour cinq minutes d'intervention.  
Est-ce une chimio docteur ? en quelque sorte Monsieur mais à ce point légère qu'il n'y a aucun risque de chute de cheveux !!! vu ce qui me reste c'est loin d'être ma priorité.
Voila donc une nouvelle bataille qui commence, tout ça sent un peu la guerre des tranchées... comme disait mon grand-père c'est parti comme en 14 mais la je ne souhaite qu'une chose, que ça dure au moins quatre ans... J'ai oublié de préciser que cette leucémie ne guérit pas, on la soigne sans la guérir, le traitement est donc permanent... s'il marche...
Allez je vais suivre les conseils de Snoopy !!!!! et promis, écrire à nouveau sur les bonheurs passés et à venir.



5 juin 2016

Je vois Giorgione partout


Dans "Se perdre dans Venise" René Huygue écrit à propos de Giorgione : Il fait passer la peinture de ce qui se voit à ce qui se sent et à ce qui se sent en soi-même et en soi seul...  Puis de La tempête : Ce qu'il y a évidemment de magnifique et de surprenant dans un tableau comme celui-là, c'est qu'on peut perpétuellement rêver devant lui et se demander quel en est le contenu intérieur, quel mystère l'habite... Quelle que soit l'interprétation, ce qui compte, c'est précisément ce pouvoir de rêverie qui émane du tableau ; on y pressent le secret du peintre lourd de ses songes, mais ils émeuvent en nous des songes fraternels.


En prenant cette photo j'étais bien loin de penser à Giorgione et à ce tableau  fascinant, admiré et interrogé encore cette semaine et pourtant je trouve qu'elle traduit les mêmes réflexions, qu'elle pose les mêmes questions sur la vie le temps qui passe... un jeune couple dans la gondole exprimant le bonheur d'une vie à son zénith qui vogue vers son destin, l'immobilité du vieil homme perdu dans ses pensées  au crépuscule de la vie. Que transmet-il à ses deux petites filles, sans doute la connaissance et l'amour de la beauté de Venise. Des existences qui se croisent et s'ignorent.  Certainement la photo la plus émouvante de ce voyage.

4 juin 2016

Retrouver Venise...

Puis le mirage se matérialise  coupoles et clochers mille breloques  de la ville courtisane...

3 juin 2016

Retrouver Venise

L'eau, le ciel et cette mince ligne de terre... promesse, la vie improbable est là-bas.

1 mai 2016

Encore du bonheur au bout des doigts.

La tradition est respectée pour le muguet et tout à l'heure ce sera l'omelette à l'aillet et son verre de vin blanc qui garantissent une bonne santé pour l'année, pour cette fois j'aurai double portion... au moins.

21 avril 2016

Un nouveau printemps...

On l'attend chaque année avec impatience, la floraison  des pivoines en arbres est ce printemps particulièrement somptueuse, que de grace et de fragilité dans ces fleurs ! Il faut vite, aux premiers  rayons du soleil en saisir toute la délicatesse en suppliant le ciel de ne pas trop vite les faner. 
Me vient alors en mémoire ces quelques vers de Cyrano...


Comme elles tombent bien
Dans ce trajet si court de la branche à la terre
Comme elles savent mettre une beauté dernière
Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol
Veulent que cette chute est la grace d'un vol.


Les convovulus qui les entourent amortirons la chute !
Quant aux roses de Banks elles semblent encore un peu frileuses.


Dans le verger je rêve au temps des cerises, au soleil de juillet...

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles...
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang...


Pourquoi , en croisant ces orchidées penser à Verlaine ?

Qu'il était bleu le ciel et grand l'espoir !
L'espoir a fui vaincu vers le ciel noir.
tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.


Combien de printemps encore à venir ?