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7 septembre 2017

5 juin 2016

Je vois Giorgione partout


Dans "Se perdre dans Venise" René Huygue écrit à propos de Giorgione : Il fait passer la peinture de ce qui se voit à ce qui se sent et à ce qui se sent en soi-même et en soi seul...  Puis de La tempête : Ce qu'il y a évidemment de magnifique et de surprenant dans un tableau comme celui-là, c'est qu'on peut perpétuellement rêver devant lui et se demander quel en est le contenu intérieur, quel mystère l'habite... Quelle que soit l'interprétation, ce qui compte, c'est précisément ce pouvoir de rêverie qui émane du tableau ; on y pressent le secret du peintre lourd de ses songes, mais ils émeuvent en nous des songes fraternels.


En prenant cette photo j'étais bien loin de penser à Giorgione et à ce tableau  fascinant, admiré et interrogé encore cette semaine et pourtant je trouve qu'elle traduit les mêmes réflexions, qu'elle pose les mêmes questions sur la vie le temps qui passe... un jeune couple dans la gondole exprimant le bonheur d'une vie à son zénith qui vogue vers son destin, l'immobilité du vieil homme perdu dans ses pensées  au crépuscule de la vie. Que transmet-il à ses deux petites filles, sans doute la connaissance et l'amour de la beauté de Venise. Des existences qui se croisent et s'ignorent.  Certainement la photo la plus émouvante de ce voyage.

4 février 2015

Grippe et grippe et blog en panne.

J'avais l'intention de jeter un petit coup d'oeil sur les derniers mois de l'an passé et préparé quelques photos du musée Rodin première étape d'un parcours parisien style  "marathon Muséum"
Finalement une assez bonne illustration de mon état du jour !!!






4 juin 2014

Tomoaki Suzuki au CAPC ex entrepots Lainé

En voyant mon billet sur la dernière exposition du CAPC mon compatriote Cyrano n'aurait pas manqué de dire "Ah non c'est un peu court jeune homme"...
Pour le jeune homme, impossible d'y remédier, par contre, sans varier le ton il était possible d'en dire bien des choses.
Sur le lieu tout d'abord,  avec ses murs bruns,  il ressemble à un monstre échoué sur le bord du fleuve, corps momifié de ce qui fit la richesse de la ville le commerce colonial.
 



Dans cette nef à l'architecture minoenne  s'entassaient les bois précieux, les pièces d'indiennes de coton, les sacs d'épices de sucre et de cacao on y roulait les vins en partance ou en retour des iles, on y sentait le poivre et la vanille. Nul chant dans cette nef sauf peut-être celui si triste et poignant des derniers esclaves victimes  du commerce triangulaire.  


Aujourd'hui ce ventre de la ville,   vidé de ces viscères, lavé, décapé, désinfecté des miasmes du passé colonial est devenu un lieu de l'esprit où entrent se posent puis s'en vont  les idées, les rêves, parfois les cauchemars d'artistes contemporains.  


Quinze petits humains, pas plus hauts que trois pommes posés sur ce sol noir et brillant comme sur le magma pétrifié des vies antérieures des lieux, quinze bois sculptés semblant des brindilles oubliées des milliers de grumes du passé, quinze solitudes voulues par l'artiste chacun ignorant l'autre. Quinze représentations d'hommes et de femmes bien vivants   présents dans  un passé figé à jamais
Silence, un par un, pas plus de quinze à la fois, les visiteurs entrent,   ils s'approchent, géants patauds, se penchent, intrigués et curieux, alors ils voient la finesse du travail de l'artiste, le rendu parfait des matières et puis, et puis ils prennent des photos et s'éloignent. 

J'ai assisté à ce ballet avec un sentiment assez déplaisant pensant à ces phénomènes de foire nains, siamois, femmes à barbe qui attisaient la curiosité morbide de nos grand-parents, je songeais alors à cette autre figurine loin là-bas, vieille courtisane trop fardée couverte de pierreries, d'autres géants  la frôlent, monstres aux milliers d'yeux qui scintillent et crépitent sans relâche  elle s'appelle Venise elle en perd son âme.
















22 mai 2014

Au pays de lilliput


"Saisissantes silhouettes hiératiques de 54 centimètres de haut, les sculptures de l'artiste japonais Tomoaki Suzuki évoquent les modes de vie et styles vestimentaires contemporains tout en réactualisant les traditions millénaires orientales de la sculpture sur bois.
Le CAPC accueille dans sa nef une vingtaine de sculptures de l'artiste réalisées entre 1999 et 2014, et provenant des quatre coins du monde. Si Tomoaki Suzuki fait «de la photographie en sculpture» — entendez de la sculpture réalisée à l'aide de la photographie — c'est parce qu'il est immergé dans la culture des magazines et qu'il travaille depuis et dans le monde des images. Tel le promeneur au XIXe siècle, il observe les faunes lookées des grandes villes, notamment celles de Londres où il vit depuis 1999, et porte un regard anthropologique sur les codes urbains, interrogeant à travers son travail leur impact sur nos vies tout comme leur côté éphémère. 
Avec une petite cinquantaine de sculptures à son actif qui, lorsqu'elles sont montrées à plusieurs ne se regardent jamais, Tomoaki Suzuki aborde, à l'ère des réseaux sociaux, la question de l'être-ensemble, vu ici entre connexion et isolement, sérieux et dérision.
Dispersées dans la nef du CAPC, ces œuvres de petite taille magnifient magistralement les proportions piranésiennes du lieu. On aurait pu les imaginer perdues sous la vaste et robuste nef de l'entrepôt Lainé. C'est tout le contraire. En affichant leur solennité avec aplomb — elles sont posées debout à même le sol — ainsi que leur indifférence au monde — ce que leur regard vague traduit — ces petits «aliens» détaillés invitent naturellement le visiteur à se mettre à leur niveau. Une fois à terre, le visiteur fait alors face à une «communauté», une communauté qui a valeur d'œuvre parce qu'elle parle, du fait de l'indifférence des sculptures entre elles, de la destruction même de la communauté."

CAPC







Une autre façon de relire les voyages de Gulliver ?




24 mars 2014

Invitation

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté. 



 
...Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre...






... Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
la splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale...












Il y a quelques semaines, une journée de rêve dans ce lieu magique : Villa Ephrussi    Saint-Jean-Cap-Ferrat.
Sans oublier, sur les conseils de Martine, la délicieuse tartelette  au citron.