L'opéra retransmettait hier soir sur la 3 la nouvelle production de Faust avec dans le rôle titre Roberto Alagna. Gounod n'est pas mon compositeur favori, bien que cette oeuvre soit une des plus aimée du public elle ne figure pas dans ma discothèque, modeste il est vrai. Faust reste cependant un souvenir de jeunesse mon premier opéra, vraisemblablement une représentation au grand-théatre de Bordeaux.
Mon sujet n'est pas de commenter l'interprétation musicale, j'avais lu que Lombard, souvent entendu à Bordeaux avait jeté l'éponge ni la performance des chanteurs, je place en tête Paul Gay en sculptural Méphistophélès superbe voix puis Inva Mula en Marguerite qu'effeuille passionnément un Alagna plein de fougue, un petit détail, les gros plans des chanteurs devraient être interdis à la Télévision, mais d'évoquer la somptueuse mise en scène.
Elle est énorme cette mise en scène, pharaonique, voguant entre le symbolisme allemand, Walter Scott, et malheureusement le kitch le plus vulgaire. A tout prendre je préfère une mise en scène minimaliste à ce maelström où s'accumulent les représentations de tant de symboles qui font dire trop c'est trop. Est-il nécessaire pour la compréhension de l'action de nous montrer à maintes reprises les draps tachés de sang à la suite du dépucelage de Marguerite,l'air de "la garde montante"doit-il se transformer en manifestation anti militariste avec cercueil et drapeau, pourquoi le crucifix géant se transforme-t-il en plongeoir de piscine, faut-il la voir en prison avec une camisole, et summum de ce style grand guignol pourquoi lui faire trainer une énorme guillotine quand elle chante "Anges purs..." même bien huilée la chose doit peser ! moins que sa tête cependant qui sera présentée au public, après le boulevard du temple nous sommes en place de Grève, et mise dans un reliquaire pour la procession finale.
Une bonne soirée cependant avec parfois de gros éclats de rire... non prévus par Goethe et Gounod.