Et se ressemblent... Orages pluies... les jours passent sans soleil.
A thing of beauty is a joy for ever : its lovelyness increases, it will never pass into nothingness, but still will keep a bower quiet for us, and a sleep full of sweet dreams and health, and quiet wreathing. John KEATS
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6 juin 2018
22 août 2017
Réaction !
Huit mois, huit mois sans le moindre billet, sans la moindre nouvelle, huit mois un tantinet nuageux ?
Disons brumeux, la tête et le corps dans la maladie et cette chimio mensuelle, déjà onze séries de traitement, qui vous laisse à l'état de pantin désarticulé... Dimanche une soixante dix septième piqure passée presque sans douleurs, mais plus important, cette sensation ressentie le matin en partant faire quelques courses au village : comme un voile qui se déchire, une force qui revient, une détermination qui s'affirme, stop, ça suffit, on oublie tout, on regarde le ciel si bleu et on vit comme avant. Basta la maladie, comme cet avion sortant du nuage voguons à nouveau dans un ciel pur.
J'ai arrêté la voiture, branché le portable, sélectionné le lecteur sur ce "par ici et par là" qui renferme toutes ces chansons qui m'ont ému depuis mon enfance et je suis reparti tout heureux en compagnie de Piaf, Mouloudji, Becaud, Ferré, Montand, Presley, Pat Boone, Brel, Sinatra, Montero, Shirley Bassey, Simply Red, Cock Robin et tant d'autres.
Chaque titre évoque un souvenir ou une période de ma vie, la chance d'avoir assisté à un des derniers concerts de Piaf, écouté Shirley Bassey à Londres côtoyé tous ceux qui séjournaient à l'hôtel lors des fantastiques spectacles des foires expositions.
Pourquoi cette réaction salutaire, ici et maintenant, comme dit notre coach de yoga ? Une semaine chargée en émotions, heureuses et tristes peut-être , maintenant il reste à cultiver cette Renaissance, reprendre la plume sur ce blog oublié et pour ceux qui y passent encore mais surtout pour la famille les amis et moi y relater le quotidien mais aussi les vies de ceux qui sont partis.
A bientôt pour évoquer ma cousine Anette, mon oncle Guy, Taty-Mamie et Venise bien sur avec un voyage prévu pour octobre.
Ainsi va la vie n'est-elle pas ce que l'on en fait ?
18 décembre 2016
L'art et la mode en coiffure masculine.
Un sujet que je ne maitrise plus très bien et depuis de nombreuses années, j'en suis réduit à en voir l'évolution sur la tête des autres, étonné par le "look" des jeunes arborant des sortes de crêtes de coq fortement gominées ressemblant parfois à quelque palmeraie surgissant d'un désert de cheveux rasés.
Une mode qui passera et qui reviendra au grès des générations car à ma grande surprise, en feuilletant hier les albums des années enfuies j'ai découvert amusé cette photo... la mode n'est qu'un recommencement.
Mais je n'ai plus d'espoir de pouvoir la suivre encore !
27 octobre 2016
Immigration, intégration, et mes observations... du temps passé !
Je voulais pour cet article retrouver une photo du personnel de l'hôtel prise le jour du mariage de mes parents en 1938, impossible de mettre la main dessus mais en définitive, celle-ci pris dans les années soixante convient aussi.
Un journal aussi sérieux que le Sud Ouest oserait-il aujourd'hui un tel titre et pourtant ces cinq récipiendaires figuraient sur la photo de 1938 et quatre d'entre eux fêtèrent leurs 50 ans de présence dans l'entreprise. Quel rapport avec l'immigration direz vous ? Hector était italien et a gardé sa vie durant son accent chantant inimitable, Leonce était fils d'une espagnole qui parlait à peine le français. Sur la photo de 1938 figurait Stanis une russe et Ignace un polonais sans oublier Victor dont l'accent slave était aussi excentrique que le baise-main quotidien à 'la patronne" ma grand-mère, la seule à être qualifiée ainsi, les autres membres de la famille n'ayant droit qu'à l'utilisation de leurs prénoms ! J'oubliais Basile, jeune espagnol entré apprenti cuisinier sous la férule de mon grand-père qui termina chef avec mon père. Tout ce petit monde vivait en parfaite harmonie, sans aucune réflexion sur leurs origines ou religions, ils ont fait face et lutte commune durant les années d'occupation à la barbarie qui a ensanglanté la région. C'était une autre époque, une mentalité différente, une vie entre soi loin du matraquage médiatique dans lequel nous vivons. Une vie laborieuse sans nul doute mais me semble-t-il plus heureuse.
26 octobre 2016
Etat des lieux...
Il y aura sept ans dans quelques jours un sympathique chirurgien bordelais m'extirpait trente centimètres de colon et en prime une grosse tumeur cancéreuse. La vie a vite repris sont cours, rythmée pendant cinq ans par quelques scanners puis début 2015 j'ai eu le bonheur d'apprendre ma totale guérison. Pourquoi alors avoir posé cette fâcheuse question :"oui celui-ci est guéri mais un autre peut-il survenir, d'une autre forme, sur d'autres organes... " et bien sur la réponse fut positive...
Mais tout allait bien, cependant au début de l'été un état de fatigue inhabituel entraina une batterie d'analyses qui révélèrent une baisse de plaquettes sanguines inquiétante, du généraliste je passais à l'hématologue, ce printemps une ponction de moelle osseuse révéla la nature du mal : une leucémie
myélomonocytaire.
Voila depuis avril je sais que ma moelle n'en fait qu'à sa tête , elle fabrique le sang à sa façon, trop de monocytes pas assez de plaquettes, je l'imagine comme la machine de Charlot dans les temps modernes...
Après encore trois mois en observation la haute autorité médicale a décidé de commencer en octobre un traitement, une semaine complète de piqures journalières et trois semaines de vacances. Ces piqures doivent être faites en service d'hématologie, c'est donc trois heures de trajet global pour cinq minutes d'intervention.
Est-ce une chimio docteur ? en quelque sorte Monsieur mais à ce point légère qu'il n'y a aucun risque de chute de cheveux !!! vu ce qui me reste c'est loin d'être ma priorité.
Voila donc une nouvelle bataille qui commence, tout ça sent un peu la guerre des tranchées... comme disait mon grand-père c'est parti comme en 14 mais la je ne souhaite qu'une chose, que ça dure au moins quatre ans... J'ai oublié de préciser que cette leucémie ne guérit pas, on la soigne sans la guérir, le traitement est donc permanent... s'il marche...
Allez je vais suivre les conseils de Snoopy !!!!! et promis, écrire à nouveau sur les bonheurs passés et à venir.
5 juin 2016
Je vois Giorgione partout
Dans "Se perdre dans Venise" René Huygue écrit à propos de Giorgione : Il fait passer la peinture de ce qui se voit à ce qui se sent et à ce qui se sent en soi-même et en soi seul... Puis de La tempête : Ce qu'il y a évidemment de magnifique et de surprenant dans un tableau comme celui-là, c'est qu'on peut perpétuellement rêver devant lui et se demander quel en est le contenu intérieur, quel mystère l'habite... Quelle que soit l'interprétation, ce qui compte, c'est précisément ce pouvoir de rêverie qui émane du tableau ; on y pressent le secret du peintre lourd de ses songes, mais ils émeuvent en nous des songes fraternels.
En prenant cette photo j'étais bien loin de penser à Giorgione et à ce tableau fascinant, admiré et interrogé encore cette semaine et pourtant je trouve qu'elle traduit les mêmes réflexions, qu'elle pose les mêmes questions sur la vie le temps qui passe... un jeune couple dans la gondole exprimant le bonheur d'une vie à son zénith qui vogue vers son destin, l'immobilité du vieil homme perdu dans ses pensées au crépuscule de la vie. Que transmet-il à ses deux petites filles, sans doute la connaissance et l'amour de la beauté de Venise. Des existences qui se croisent et s'ignorent. Certainement la photo la plus émouvante de ce voyage.
1 mai 2016
Encore du bonheur au bout des doigts.
La tradition est respectée pour le muguet et tout à l'heure ce sera l'omelette à l'aillet et son verre de vin blanc qui garantissent une bonne santé pour l'année, pour cette fois j'aurai double portion... au moins.
21 avril 2016
Un nouveau printemps...
On l'attend chaque année avec impatience, la floraison des pivoines en arbres est ce printemps particulièrement somptueuse, que de grace et de fragilité dans ces fleurs ! Il faut vite, aux premiers rayons du soleil en saisir toute la délicatesse en suppliant le ciel de ne pas trop vite les faner.
Me vient alors en mémoire ces quelques vers de Cyrano...
Comme elles tombent bien
Dans ce trajet si court de la branche à la terre
Comme elles savent mettre une beauté dernière
Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol
Veulent que cette chute est la grace d'un vol.
Les convovulus qui les entourent amortirons la chute !
Quant aux roses de Banks elles semblent encore un peu frileuses.
Dans le verger je rêve au temps des cerises, au soleil de juillet...
Mais il est bien court le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles...
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang...
Pourquoi , en croisant ces orchidées penser à Verlaine ?
Qu'il était bleu le ciel et grand l'espoir !
L'espoir a fui vaincu vers le ciel noir.
tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.
Combien de printemps encore à venir ?
20 mars 2015
Le jour de l'éclipse.
Annoncée presque totale, pour nous elle fut complètement invisible !
Les seuls à se frotter les mains et les yeux sont les fabricants et vendeurs de lunettes spéciales... à ranger jusqu'en 2080 on a le temps d'ici là de s'éclipser !
Alors, peut être est-ce le bon jour pour que ce blog lui aussi s'éclipse : quand l'envie et le plaisir ne sont plus présent ne vaut-il pas mieux s'absenter...
Peut-être... le soleil revenant... QUE SERA SERA....
26 avril 2014
27 octobre 2013
Elucubrations nocturnes.
Est-ce la perspective d'une heure supplémentaire de sommeil ou celle moins plaisante d'un an de plus demain, j'ai très mal dormi alors les idées vagabondent une chose, un autre et cette question de l'importance des mots. Je sais Dalida nous a fourni une réponse mais pas entièrement satisfaisante à mon goût, j'en suis donc venu a me demander quels mots choisir pour évoquer l'existence après moult atermoiements j'ai gardé "pourquoi" et "comment". Il est hors de question d'expliquer le pourquoi du comment ce ne sera pas le sujet au demeurant très sérieux de cet article.
Revenons à mes déambulations cérébrales nocturnes qui, je ne sais ni pourquoi ni comment m'amenèrent à chercher les mots antinomiques, après le côté positif le négatif choix moins difficile, je me suis mis d'accord avec moi même sur "toujours" et "plus".
Toujours n'est pas le pire mais il a plein d'imperfections, c'est un peu comme l'élève du fond de la classe qui a copié sur son voisin, on ne le croit pas un instant. Par exemple tenez dites à quelqu'un je pense toujours à toi et bien c'est faux il pense à plein de choses, boire, manger, sortir et de temps en temps à vous mais non jamais toujours, on sait d'ailleurs les ravages qu'entraine la pensée unique. Toujours est donc à manier avec précautions, il reste bien limité dans le temps à fortiori accolé au mot amour. Je t'aime toujours non je t'aime, point ça suffit ni un peu ni beaucoup on effeuille pas la marguerite et surtout pas encore qui laisse supposer des intermittences regrettables, seul davantage est utilisable quant à toujours on peut toujours à vos risques et périls, un AVC, un coup du lapin, un coup de foudre et c'est plié. Non décidément toujours est un mot du passé qui n'a pas d'avenir.
Mais le pire des mots malsains, c'est "plus" lui c'est le traitre le félon le menteur le fourbe le diable mis en mots. Vous souriez incrédule, vous voulez un exemple ?
"Travaillez plus pour gagner plus" deux "plus" sur cinq mots, le summum de la forfaiture, j'ai essayé je n'ai pas gagné plus, non juste normalement, je me demande même si je n'aurais pas gagné autant en travaillant un peu moins. Enfin réfléchissez si vous travaillez vous n'avez plus de temps à vous ou si peu alors on fait quoi ? on passe du quatre au huit cylindres, du une étoile au cinq bref on dépense on dépense et on a plus de sous.
Plus de sous, attendez reprenez, il faut le dire à haute voix :
Travaillez plussssss pour gagner plusssssss on a plu de sous.... mais tout ça est une question d'S alors... mais c'est terrible seuls les Américains ont compris !!!!
Allez il me faut une bonne sieste,
Bon dimanche et à plus !!!!!
11 octobre 2011
FAUST SUR LE BOULEVARD DU CRIME
L'opéra retransmettait hier soir sur la 3 la nouvelle production de Faust avec dans le rôle titre Roberto Alagna. Gounod n'est pas mon compositeur favori, bien que cette oeuvre soit une des plus aimée du public elle ne figure pas dans ma discothèque, modeste il est vrai. Faust reste cependant un souvenir de jeunesse mon premier opéra, vraisemblablement une représentation au grand-théatre de Bordeaux.
Mon sujet n'est pas de commenter l'interprétation musicale, j'avais lu que Lombard, souvent entendu à Bordeaux avait jeté l'éponge ni la performance des chanteurs, je place en tête Paul Gay en sculptural Méphistophélès superbe voix puis Inva Mula en Marguerite qu'effeuille passionnément un Alagna plein de fougue, un petit détail, les gros plans des chanteurs devraient être interdis à la Télévision, mais d'évoquer la somptueuse mise en scène.
Elle est énorme cette mise en scène, pharaonique, voguant entre le symbolisme allemand, Walter Scott, et malheureusement le kitch le plus vulgaire. A tout prendre je préfère une mise en scène minimaliste à ce maelström où s'accumulent les représentations de tant de symboles qui font dire trop c'est trop. Est-il nécessaire pour la compréhension de l'action de nous montrer à maintes reprises les draps tachés de sang à la suite du dépucelage de Marguerite,l'air de "la garde montante"doit-il se transformer en manifestation anti militariste avec cercueil et drapeau, pourquoi le crucifix géant se transforme-t-il en plongeoir de piscine, faut-il la voir en prison avec une camisole, et summum de ce style grand guignol pourquoi lui faire trainer une énorme guillotine quand elle chante "Anges purs..." même bien huilée la chose doit peser ! moins que sa tête cependant qui sera présentée au public, après le boulevard du temple nous sommes en place de Grève, et mise dans un reliquaire pour la procession finale.
Une bonne soirée cependant avec parfois de gros éclats de rire... non prévus par Goethe et Gounod.
8 octobre 2011
Chic et Choc
On reparlera de Florence la semaine prochaine... en attendant, en écho à l'interrogation de CHIC une image de l'année du bac... je suis à gauche...
23 octobre 2007
La part d'ombre

Mes connaissances en informatique étant très récentes et élémentaires, je ne suis pas arrivé à mettre une photo dans mon profil. C'est peut être mieux ainsi !!! Alors voici un vieux document du temps de la fac et de mes "exploits "de comédien très amateur Bordelais. Impossible de me souvenir qui est le garçon derrière moi mais en retrouvant cette photo je me suis souvenu d'une autre, prise à Gratz en 2003. La ville était capitale de la culture et parmi les créations réalisées à cette occasion la tour de l'horloge avait été flanquée de sa "part d'ombre"... Honni soit qui mal y pense..
Des minutes d'éternité
Ces moments ou le temps s'arrête, où tout est parfait, où votre coeur bat plus vite. Nous les gravons à jamais dans notre mémoire. Ils sont notre trésor de vie, un feu qui nous réchauffe quand l'âme frissonne. Venise en dispense avec générosité, le premier jour déjà, cet éblouissement en débouchant d'une ruelle sombre sur le campo San Angelo, quelques jeunes gens couchés sur les dalles de la place, le soleil enflamme un palais couleur de braise,une jeune femme adossée au rose d'une chapelle emplit le campo de musique, et ce garçon, assis sur la dernière marche du pont, pieds nus, bermuda couleur du sol tee-shirt couleur du palais, il écrit... parle-t-il de la beauté de Venise, de son bonheur d'être là...ce chapeau? Ce garçon ne s'appellerait-il pas Tazzio ? Visconti est là, j'étais hors du temps, dans un espace de parfaite beauté.
13 octobre 2007
Anna de Noailles
Ce doux soleil d'octobre me rend mélancolique alors je relis ces vers d'Anna de Noailles....
Allez, je veux rester seule avec les tombeaux:
— Les morts sont sous la terre et le matin est beau,
L'air a l'odeur de l'eau, de l'herbe, du feuillage,
Les morts sont dans la mort pour le reste de l'age. . .
Un jour, mon corps dansant sera semblable à eux,
J'aurai l'air de leur front, le vide de leurs yeux,
J'accomplirai cet acte unique et solitaire,
Moi, qui n'ai pas joué seule, aux jours de la terre.
— Tout ce qui doit mourir, tout ce qui doit cesser,
La bouche, le regard, le désir, le baiser,
Entre la chose d'ombre et l'être de silence
Tandis que le printemps vert et vermeil s'élance
Et monte trempé d'or, de sève et de moiteur.
Avoir eu comme moi le cœur si doux, le cœur
Plein de plaisir, d'espoir, de rêve et de mollesse
Et ne plus s'attendrit de ce que l'aube naisse:
Etre au fond du repos l'éternité du temps.
— D'autres seront alors vivants,joyeux, contents,
Des hommes marcheront auprès des jeunes filles,
Ils verront des labours, des moissons, des faucilles,
La couleur délicate et changeante des mois.
Moi, je ne verrai plus, je serai morte, moi,
Je ne saurai plus rien de la douceur de vivre. . .
Mais ceux-là qui liront les pages de mon livre,
Sachant ce que mon âme et mes yeux ont été,
Vers mon ombre riante et plaine de clarté
Viendront, le cœur blessé de langueur et d'envie,
Car ma cendra sera plus chaude que leur vie. . .
Allez, je veux rester seule avec les tombeaux:
— Les morts sont sous la terre et le matin est beau,
L'air a l'odeur de l'eau, de l'herbe, du feuillage,
Les morts sont dans la mort pour le reste de l'age. . .
Un jour, mon corps dansant sera semblable à eux,
J'aurai l'air de leur front, le vide de leurs yeux,
J'accomplirai cet acte unique et solitaire,
Moi, qui n'ai pas joué seule, aux jours de la terre.
— Tout ce qui doit mourir, tout ce qui doit cesser,
La bouche, le regard, le désir, le baiser,
Entre la chose d'ombre et l'être de silence
Tandis que le printemps vert et vermeil s'élance
Et monte trempé d'or, de sève et de moiteur.
Avoir eu comme moi le cœur si doux, le cœur
Plein de plaisir, d'espoir, de rêve et de mollesse
Et ne plus s'attendrit de ce que l'aube naisse:
Etre au fond du repos l'éternité du temps.
— D'autres seront alors vivants,joyeux, contents,
Des hommes marcheront auprès des jeunes filles,
Ils verront des labours, des moissons, des faucilles,
La couleur délicate et changeante des mois.
Moi, je ne verrai plus, je serai morte, moi,
Je ne saurai plus rien de la douceur de vivre. . .
Mais ceux-là qui liront les pages de mon livre,
Sachant ce que mon âme et mes yeux ont été,
Vers mon ombre riante et plaine de clarté
Viendront, le cœur blessé de langueur et d'envie,
Car ma cendra sera plus chaude que leur vie. . .
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