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29 janvier 2012

La fin du voyage.

Paris, un lundi au Louvre, après Alexandre et la Macédoine un petit tour en Chine mais sans plus, trop dispersé, trop déjà vu, mêmes costumes, mêmes parchemins, on passe, on va vers quelques nourritures terrestres indignes puis l'envie d'Italie, de Renaissance, de Caravage de comparer. On déambule jusqu'à plus soif, la journée s'achève.













Mardi collection Stein, feu d'artifice de couleurs primaires, le chapeau de Madame Matisse, les Picasso à l'éventail des bleus qui vous donnent le blues, monde de lumières, soleils après le monde des morts, éblouissement, Trinité fantastique que ces trois là, aboutissement de l'art rendant impossible toute autre présence Picabia, Balthus, Masson sont d'une autre contrée, seul Juan Gris peut esquisser le passage.



Puis retour dans un agréable réel rencontre encore, un déjeuner qui passe trop vite en compagnie de Françoise autour de souvenirs de blogs et de moments de vies.
Un tour à Pompei sur ses très bons conseils, vient le temps d'une tasse de thé amicale avec un G.F. passionné de baroque et nous voilà inconfortablement installés au théâtre découvrant l'opéra de Vivaldi Farnace et Cencic. 

Fin du voyage.




22 janvier 2012

Alors et l'Angélico tu n'en parles pas ?


Si bien sur mais par où commencer ?
Et bien par le début ! as tu fait un bon voyage  ?
Un voyage sans histoire, j'aime le train, on se laisse aller, on peut fermer les yeux, écouter,  c'est très musical un train qui roule, on est sur une portée à deux lignes avec quelques aiguillages en guise de notes! Il y a dans le train une impression étonnante d'immobilité et de vitesse, j'aime voyager dans le sens inverse de la marche on peut voir passer le futur !  
Tu t'égares mon cher !
Oui, j'arrive à l'exposition, j'avoue, non pas de la déception mais une impression de n'avoir pas su apprécier, un peu comme on croise un ami sans prendre le temps de l'écouter... l'écoute, elle est autant visuelle qu'auditive et pour les deux j'avais quelques difficultés .
A vrai dire je ne vois pas...
Et bien moi non plus ! je pensais que cette nocturne un dimanche serait le moment idéal, en fait un monde fou envahissait les salles, arrivés trop tôt il fallut patienter  devant une tasse de thé et une triste tarte aux myrtilles avant d'être autorisés à pénétrer dans les lieux. Les salles sont dans la pénombre, on retrouve le bel escalier et Tiepolo... 
Un peu fané non ?
J'ai trouvé aussi, enfin on arrive aux salles et là encore on fait la queue ! mais ce n'est pas grave j'en profite pour  allumer  l'Iphone chargé de commenter la visite.
Dis donc à ton âge tu sais utiliser un tel gadget ?
Presque car j'ai oublié les écouteurs  dans la valise, impossible de ressortir louer un audio-guide, on visitera à l'aveugle !!!
Et je présume que la foule ne permet pas facilement la lecture des cartouches !
On y arrive  il faut bien mais l'humeur est chagrine comme Ma Dame qui m'accompagne...
Quelques photos peut-être ?
Même pas elles sont interdites...
Tu sais braver les interdits du moins dans les musées.
A condition de se cacher dans une embrasure de porte ici c'est impossible trop de monde, un lent cheminement de tableau en tableau, il faut suivre...
Cela n'a pas de sens !
Détrompe toi impossible de faire demi tour c'est la collision assurée.
Je devine comment vous avez fin  la soirée, tous les deux au lit, chacun un écouteur à l'oreille, penchés sur l'iphone à regarder tranquillement les tableaux.
Oui et en plus tu peux zoomer !!!! 
Et alors qu'as tu vu en zoomant ?
La lumière, la fraicheur, les bleus de Fra Angélico la délicatesse de ses visages , la découverte de Zanobi Strozzi et de Baldovinetti que j'ai retrouvé le lendemain au Louvre, mon admiration pour Lippi la technique et la modernité de certains fonds d'or. 
A propos de technique elle en parle beaucoup mieux que toi. 
Je sais, après de tels billets je n'ose plus traiter le sujet. Lui aussi nous livre un récit captivant.
Alors pour conclure ?
Comme dit la chanson : Non rien de rien je ne regrette rien !!!

Les photos sont glanées sur le net.






16 janvier 2012

Vous qui passez sans le voir


Rue Saint Honoré, à quelques pas de la rue Royale, juste après un maroquinier très couru, sur la gauche en partant de la place de la Madeleine, il y a une galerie de peinture, les gens, nombreux ces jours de soldes, passent et repassent devant les deux grandes vitrines, pas un regard pas un mouvement d'arrêt,  chargés de sacs aux marques renommées ils déambulent indifférents. Dimanche ils iront au Louvre, il faut voir Alexandre, ils sont allés  bien  sur au Grand palais, au petit sans doute aussi, il faut suivre les instructions de la presse et de la télé, aller voir la dernière expo mais que voient-ils ? et pourquoi seulement là-bas ? ils frôlent sur ce trottoir un chef d'oeuvre, ils ne le regardent pas. Dans la vitrine de droite, on peut oublier celle de gauche, un Nicolas de Staël, éblouissant, de cette série des ponts de Paris, sans doute de 1953, une merveille par ses couleurs nacrées, ce n'est pas un des ponts de nuit, non un pont du matin un pont de brume juste quand le soleil se lève, une merveille. Je suis resté scotché comme dirait mon petit-fils, le nez contre la vitrine, entrer ? pour quoi faire, connaitre le prix? me l'aurait-on communiqué ? Il était là, pour moi seul car nul attroupement, il s'offrait, un dialogue muet, une communion pour quelques instants, quel moment! Sorti d'une collection privée il partira sans doute vers quelque émirat ou ranch ensoleillé....il restera à l'abri des regards sauf exposition temporaire où il sera alors impossible de l'aborder...  J'avais mon appareil photo sous le bras mais je n'ai pas osé ou pas pensé... alors si une parisienne ou un parisien passe sur cette page courez l'admirer et s'il vous plait... une photo.

Le pont Marie de nuit série des ponts de Paris



À Douglas Cooper Antibes, janvier 1955

Cher Douglas,
Je vous réponds un peu plus sérieusement à votre lettre si gentille du 11 janvier.
Ce qui est important dans ce que vous dites, c'est que vous donnez un aspect de votre avis alors que la peinture, la vraie, tend toujours à tous les aspects, c'est-à-dire à l'impossible addi­tion de l'instant présent, du passé et de l'avenir.
Les raisons pour lesquelles on aime ou l'on n'aime pas ma peinture m'importent peu parce que je fais quelque chose qui ne s'épluche pas, qui ne se démonte pas, qui vaut par ses acci­dents, que l'on accepte ou pas.
On fonctionne comme on peut. Et moi j'ai besoin pour me renouveler, pour me dévelop­per, de fonctionner toujours différemment d'une chose à l'autre, sans esthétique à priori.
On accorde fort, fin, très fin, valeurs directes, indirectes, ou l'envers de la valeur, ce qui impor­te c'est que ce soit juste. Cela toujours. Mais l'ac­cès à ce juste, plus il est différent d'un tableau à l'autre, plus le chemin qui y mène paraît absur­de, plus cela m'intéresse de le parcourir.
Impressionniste, je ne sais ce que cela veut dire.
Nicolas de Staêl

14 janvier 2012

Le Louvre nid d'espions

 Vous vous croyez en sécurité, vous chuchotez, vous regardez, critiquez, admirez tranquille, enfin presque car le lieu regorge de visiteurs, tous insouciants, confiants.... et pourtant.... ils sont là.... ils vous espionnent... eux aussi vous jugent... ici les murs n'ont pas d'oreilles ... ils ont des YEUX...







                                                Alors un conseil.... RESTEZ DE MARBRE...


Et ne vous attardez pas... sinon... VOILA CE QUI VOUS ATTEND !


3 novembre 2011

Florence, fin du voyage

Dernier jour avec encore quelques merveilles certaines attendues une autre découverte par hasard.
Nous étions à quelques pas du couvent de San Marco mais des horaires fantaisistes firent que nous ne le visitâmes que ce matin là.  J'aime la fraicheur de Fra Angélico, la douceur le calme que dégage ces oeuvres  vues pourtant dans une ambiance de couloir de métro. Encore une fois j'ai bravé les interdits voici mes Angélico !






Puis ce fut la découverte du cloitre du Scalzo. Un lieu tout de silence où nous sommes seuls devant ces splendides fresques, moments de parfaite quiétude et d'émerveillement. Le charme de ce cloitre dessiné par Sangalo est dû  à son architecture toute en  légèreté en si parfaite harmonie avec les splendides fresques en grisaille d' Andréa del Sarto.




Vue de Florence depuis Fiesole.

  EN GUISE DE POST_SCRIPTUM....
Exaspération ?


Affirmation : les meilleurs biscuits de Florence

Interrogation : David ou Persée ?


Ajoutez une légende...

26 octobre 2011

Florence encore.


Nous en étions au mercredi de notre séjour florentin, que  le temps passe vite, il ne reste que deux jours et tant de choses à voir. Ce matin le programme nous amène sur l'autre rive de l'Arno. Rendez-vous obligatoire pour admirer à Santa Maria del Carmine les fresques de la chapelle Brancacci. A 10h nous sommes seuls devant la porte du couvent puis juste avant l'ouverture arrive un groupe d'une dizaine de français avec guide. Comme à Padoue la visite qui dure 20 minutes est précédée d'un film retraçant l'histoire mouvementée de la chapelle, de plus nous bénéficierons des excellents commentaires du guide italien accompagnant le groupe.
 Masolino  commença ces fresques en 1424, sur commande de Felice Brancacci, neveu d'un riche drapier Florentin qui fut à l’origine de la construction de la chapelle, elles racontent la vie de Saint Pierre. Après le départ de Masolino en 1425, c’est Masaccio qui reprit son travail. Son nom est d’ailleurs celui qui est le plus fréquemment associé à celui de la Chapelle en raison de l'avant-gardisme de son style : perspective, réalisme... En 1428, à l’âge de 26 ans, Masaccio meurt dans des circonstances mystérieuses et c’est alors Filippino Lippi qui achève les fresques. Elles ont été restaurées entre 1981 et 1991 suscitant quelques polémiques notamment sur la suppression des feuilles de lierre qui couvraient la nudité d'Adam.




Masolino Saint Pierre ressuscitant Tobie
Fresque du haut Le paiement du tribut Masaccio
En bas Lippi et Masaccio Saint Pierre ressuscite le neveu de l'Empereur
Masaccio détail paiement du tribut
Masaccio Saint Pierre guérissant les malades
Masaccio 
Filippino Lippi autoportrait

Lippi L'Ange délivrant Saint Pierre
Nos 20 minutes furent bien courtes ! En flânant dans l'Oltrano quartier des antiquaires (et d'un libraire un peu désordonné )  nous regagnions le ponte Vecchio ....

 Le déjeuner est prévu sur les conseils d'un ami blogueur  à la brasserie Cibreino à l'autre bout de la ville, nous y arrivons affamés, malheureusement  les portions bonnes mais congrues nous laissent sur notre faim d'autant plus que le troquet ne sert pas de café un comble en Italie. Quelques mètres plus loin nous avons découvert une sympathique pâtisserie qui  nous a permis à coup de babas et autres délicatesses de calmer notre appétit  boire un excellent ristretto et arriver à nouveau de bonne humeur à Santa croce.


Est-ce la fatigue ou les travaux empêchant de voir le coeur ? cette église m'a laissé assez indifférent. Elle renferme maintes sépultures des gloires de Florence si bien qu'on ne sait  où poser les pieds ! Michel-Ange repose ici contre sa volonté sans doute horrifié pour l'éternité par les trois  insignifiantes et mièvres muses éplorées qui entourent son tombeau.  


La chaire par contre est splendide oeuvre de Benedetto da Maiano on y monte... en traversant le pilier !  Il ne faut pas oublier que l'espace au sol était vendu aux riches florentins car être enterré ici constituait une preuve d'humilité susceptible d' ouvrir les portes du Paradis. La famille qui offrit la chaire dut acheter l'empreinte au sol !



 On regrette l'état des fresques de Giotto cependant bien émouvantes dans leur simplicité.
Puis on gagne la chapelle Pazzi et les restes du crucifix de Cimabue cruellement endommagé lors des inondations de 1966 et les visites de la journée s'achèvent par la dégustation de gélati  VIVOLI un régal !