3 juillet 2011

Harmonie du soir.



Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.


Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.


Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!

   Charles Baudelaire






Le Coucher du Soleil Romantique

Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour!
  Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve!

Je me souviens!... J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite...
  Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon!

Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire;
L'irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons;

Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.

  Charles Baudelaire



Et puis Venise encore...








27 juin 2011

Rafraichissant ?

Se souvenir des moins 20° pour supporter les plus 40° pas très efficace surtout si l'on compte le nombre d'années passées...




25 juin 2011

Le temps passe...

Et le blog est silencieux, quelques jours  à Villeneuve lès Maguelone puis une fin de semaine entre amis et c'est le silence mais non l'inaction, il faut du temps pour trier et retoucher les centaines de photos prises à Venise. Le récit journalier viendra à son heure.
Il y aura bientôt le temps des festivals musicaux avec un bon programme autour de Bergerac. Notre choix est fait, Nathalie Dessay, Les Arts Florissants et le trio Wanderer.


Samedi dernier l'association Le Pont (histoire de l'art) organisait son assemblée générale à Bergerac, ce fut l'occasion de revoir le musée du tabac, un espace entièrement restructuré installé dans la Maison Peyrarède , hôtel du 17eme siècle dont la façade témoigne du passage de la Renaissance à l'architecture classique. C'est un des fleurons du patrimoine Bergeracois.

Au fil des salles, illustrées de nombreuses gravures, photos pipes et calumets on voit évoluer la fonction première du tabac, sacré  en Amérique Précolombienne, utilisé dans les rites d'initiation ou dans les pratiques chamaniques, il est diffusé en  Afrique par le biais de la traite dès la fin du 16 eme siècle.




Il se répand en Europe vers 1560 et la plante devient médicinale puis simple divertissent.
La prise est le premier mode de consommation le plus répandu en France jusqu'à Révolution, le tabac était râpé par chaque consommateur, il se servait d'une râpe plus ou moins fine dont le dos en cuivre bois ou porcelaine pouvait devenir une véritable oeuvre d'art. Puis fut créé la corporation des râpeurs-jurés ancêtre de la SEITA.






Le tabac était conservé dans des pots et pour l'usage quotidien, elles pouvaient révéler les idées politiques ou les phantasmes de son utilisateur !




Puis vint la mode de chiquer et de fumer, en premier la pipe avec la création des pipes en terre puis c'est l'artisanat éphémère des réalisations en porcelaine. L'explosion de la consommation du tabac au 19eme siècle favorise l'imagination des artisans qui utilisent des matériaux très divers comme l'écume de mer, le verre, l'andouiller de cerf, l'ambre, etc.







Et n'oublions pas : FUMER TUE



Pourtant après cette visite j'avais une fabuleuse envie d'un bon Havane  comme en ces temps là  ....


7 juin 2011

DUO....



TRIO...


SOLO...


3 juin 2011

Journées vénitiennes. Premier

Un vol sans problème de Bordeaux à Bologne,  la correspondance parfaite avec le train, à 22h nous y sommes, encore quelques pas, le rideau se lève : Venise est là, Dogaresse ou courtisane, reine de Chypre ou de l'illusion, vêtue de la moire des canaux, de la dentelle des palais, scintillante de mille pierres de lumières, elle nous fascine  dès le premier regard nous enveloppe de ses parfums et nous emporte dans son monde sans conjugaison où passé, présent, futur se confondent.
Le motoscfafo remonte le grand canal puis soudain le paysage change, les palais se penchent vers nous, ils sont enveloppés du grand tabarro noir, parfois la lueur d'un réverbère laisse deviner le masque blanc, le ciel a coiffé le tricorne, l'air s'est alourdi rendant plus âcres les odeurs remontant des eaux stagnantes.   Que s'est-il passé derrière ces murs endormis, quels fantômes les hantent : Wagner, Casanova,Diaghilev Byron, Man  je ressens votre présence. Le bateau glisse lentement, presque sans bruit dans ces canaux plus étroits comme s'il traversait les voiles du temps, il n'y a plus d'espace défini allons nous croiser la barque de Dante ou celle immobile montrant l'entrée de San Michele. Moment d'éternité.
Un nouveau canal  suit un fondamente, des bruits de pas, une musique, l'église San Antonin, des lumières, notre hôte, nous sommes arrivés à la zalizada. On s'installe dans cet appartement tout blanc. Il faudra  une bonne nuit pour récupérer mais que d'émotions dans ce trajet qui m'a fait penser à ces vers de Rostand :
 Comme elles tombent bien
Dans ce trajet si court de la branche à la terre
Comme elles savent mettre une beauté dernière
Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol
Veulent que cette chute ait la grâce d'un vol

Ils évoquent les feuilles mortes mais ne conviennent-ils pas aussi à Venise ?

Comme elles tombent bien! – Dans ce trajet si court de la branche à la terre, – Comme elles savent mettre une beauté dernière, – Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol, – Veulent que cette chute ait la grâce d’un vol!